Porté par un Pierre Niney habité, Gourou s'attaque à un sujet rare au cinéma français — les dérives du coaching de vie — mais peine à transformer une excellente idée de départ en thriller à la hauteur de ses ambitions.
Gourou : Pierre Niney impressionne, le scénario déçoit dans ce thriller sur les dérives du développement personnel
Un projet né dans la tête de son interprète
Fait rare à Hollywood comme dans le cinéma français : l'idée originale de Gourou vient directement de Pierre Niney lui-même, qui co-produit également le film. L'acteur, déjà associé au réalisateur Yann Gozlan sur Un homme idéal et Boîte noire (qui lui avait valu une nomination au César), souhaitait depuis longtemps explorer "cette capacité à électriser les foules par la parole, à les plonger dans un état de transe et à prendre le contrôle", comme il l'expliquait à Variety.
Matt, coach en développement personnel devenu incontrôlable
Le film suit Matthieu Vasseur, dit Matt (Pierre Niney), coach en développement personnel le plus suivi de France, dont les séances cathartiques façon transe collective inquiètent autant qu'elles fascinent. Alors qu'un projet de loi visant à réguler sa profession se prépare au Sénat et que la pression médiatique s'intensifie, Matt s'engage dans une fuite en avant aux frontières de la folie et de la gloire.
Des inspirations prestigieuses, une exécution plus inégale
Pour construire son personnage, Pierre Niney a multiplié les références cinéphiles : Tom Cruise dans Magnolia, Jake Gyllenhaal dans Nightcrawler, Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street ou encore Paul Dano dans There Will Be Blood. Des inspirations payantes sur le plan de la performance pure — la critique s'accorde à saluer son énergie et sa capacité à incarner le magnétisme du personnage — mais le scénario, coécrit avec Jean-Baptiste Delafon, peine à transformer cette intensité en intrigue cohérente sur la durée.
Un sujet en or, un traitement qui divise
Plusieurs critiques pointent un basculement trop rapide vers le thriller paranoïaque, qui dilue la dimension plus politique et sociale du propos initial sur les dérives du développement personnel. "Le grand film sur ce sujet très intéressant sur le papier reste à faire", résume une partie de la presse spécialisée. Un constat partagé : Gourou aborde un terrain encore peu exploité par le cinéma français, mais ne parvient pas totalement à transformer cette audace thématique en réussite totale.
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